« Il est grand temps de rallumer les étoiles. »

mercredi 12 mars 2014

Toi, en face de. Tu, moi. Nous, brisé[e]s. Premier acte.



Dialogue I.
Contrainte : Un animal est la cause de rupture.

ELLE : T’en as pas marre ?
LUI : Marre ?
ELLE : Oui, marre.
LUI : Marre. Je. Non.
ELLE : Non ?
LUI : Non. De quoi ?
ELLE : De quoi ? Quoi, de quoi ?
LUI : De quoi en aurais-je marre ?
ELLE : Tu ne sais pas ?
LUI : Non.
ELLE : Tu ne t’en rends pas compte ?
LUI : Je ne crois pas.
ELLE : Tu n’es pas sérieux…
LUI : Dis-moi…
ELLE : Réfléchis.
LUI : Je. Oui. Je réfléchis.
ELLE : Réfléchis encore.
LUI : Je m’y attèle. Je. Non. Je ne vois pas.
ELLE : Tu me déçois doublement.
LUI : Doublement ?
ELLE : Doublement, c’est bien ça.
LUI : Je réfléchis deux fois, alors. Promis.
ELLE : Tu me désespères.
LUI : Je ne trouve pas.
ELLE : Même pas une idée ?
LUI : Même pas. A propos de quoi ? Un indice…
ELLE : Tu me désoles. Alors, tiens. Premier indice. C’est moche.
LUI : Le cadre de mon arrière grand-mère rose à pois verts ?
ELLE : Non. Deuxième indice. Ca pue.
LUI : Mes chaussettes trouées en boule cachées sous le lit ?
ELLE : Non plus. Troisième indice. C’est encombrant.
LUI : Ma moto cross nacrée de 1951 près de la porte du dressing ?
ELLE : Toujours pas. Dernier indice : ça n’existe pas et ça pourrit ma vie.
LUI : Ah, je sais ! L’odeur de mes prouts colossaux et foireux !
ELLE : Eh bien… Non. Je parlais de ton triple ponycorne à six pattes. Tu l’emmènes partout. Tu le fais parler. Manger. Lui invente une vie. Le fais dormir avec nous. Tu n’as d’yeux que pour lui. Et moi, j’en peux plus. Je peux plus. Alors voilà. C’est fini. Pour de bon. Fini. Je te quitte, toi et ton triple ponycorne à six pattes à la con.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire