Monologue IV.Contrainte : Quelqu'un est de plus en plus ivre et parle par flux de pensée. Sexe opposé à la personne qui écrit.
Homme.
Quatre heures. Quatre heures. Et quart. Ricard. Apéro ! Délices du verre qui durcit sous ma langue et de l'alcool et des glaçons qui font gling-gling dans le fond et comme j'commence à voir comme avec des culs d'bouteilles j'me dis, j'en reprendrais bien un autre parce qu'il est et quart, ou dix-sept mais chut, pour le plaisir, pour l'heure du jaune, pour la jouissance de re-boire un Ricard, alors j'me dis, allez mec ressers m'en un, ça ne fait que commencer, ça n'a jamais vraiment fini, allez ressers m'en un et pour la jolie fille aussi, là-bas j'te vois, t'es dans ton coin depuis tout à l'heure avec tes amies qui sourient mais toi, toi tu souris pas et c'que t'es belle putain, c'que t'es belle quand tu souris pas, allez garçon sers-lui une coupe de champagne, dis-lui que c'est un rayon de soleil entourée de ces gens fades, dis-lui pas que c'est moi, l'paumé largué sans vie de sobriété qui lui offre, j'ai pas mes chances, dis-lui seulement que c'est quelqu'un qui la touchera jamais, mais qui l'admirera jusqu'à merde, putain, c'est déjà l'fond de la bouteille alors disons, disons jusqu'à ce que la mer aura recouvert terres et villes, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien, juste, juste elle encore là par sa grâce, dis-lui que ce verre est un hommage à la vingtaine qui m'remplit le bide et que bientôt je régurgiterai lamentablement comme un bébé après son lait, c'est sûr, c'est pas parfait mais je te vois et t'es belle putain, plus belle encore que là glace qui noie mon jaune par des reflets de ta lumière, plus belle que la lune qui s'efface et que le vent qui se lève, plus belle que les étoiles qui se meurent et putain, pars pas, pars pas j'ai pas fini, pas fini, j'ai pas fini mon verre je...
Je suis raide et ivre de toi, petit rayon de soleil nocturne qui sourit pas. Ton regard se noie dans mon verre à présent sur le point d'être vide sans plus une goutte à... savourer... sans toi...
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