Monologue II.Contrainte : Quelqu'un s’apprête à tuer une ou plusieurs personnes.
Tu m'agaces. Toi. Toi, et puis toi aussi. Tous pareils. Tous identiques. Parce que j'étais pas comme toi, pas assez fort, pas assez beau. Pas assez à la hauteur.
S'il fallait faire un choix, un putain de choix. J'aurais préféré ne jamais avoir été. Trop tard. Depuis dix-sept ans, l'enfer. A cause de toi. Putain.
Je suis allé voir la mer ce matin. Tempétueuse, comme je l'aimais. Il y avait un vent. Frais. Doux. Et puis le soleil est apparu. Ca m'a rappelé à quel point je n'était pas brillant.
Pas comme toi, pas comme toi. Tu m'agaces.
Je suis rentré les larmes aux yeux. Celles que tu n'avais pas eu mais que tu auras bientôt. J'ai traîné des pieds dans la poussière, les poings serrés dans mon trench-coat. L'air de rien. J'ai ouvert du papy en arrivant, j'y ai pris cinq-six cartouches. Et je songe. Tu m'irrites. Tu me rends dingue. Putain.
Ce soir, comme tous les soirs avant la fin des cours, tu vas te retourner vers moi, me cracher à la gueule, et ton rire se noiera dans la sonnerie retentissante.
Ce soir, comme tous mes soirs à moi, tu vas connaître l'enfer. Toi, toi. Et puis toi, aussi. Tous pareils.
Putain.
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