« Il est grand temps de rallumer les étoiles. »

vendredi 19 août 2016

cracher des vœux aux cieux quand ils t’ont déjà abandonnée




30 juin 2016

Les [re]chutes sont fatales ; en surface les cicatrices en dedans les plaies béantes
Marquée la peau, à vif – échouée sur le récif.





2 juillet 2016

Regarder les lumières briller l'odeur du sol mouillé – savourer
Et la nuit orageuse marquée d'un ciel orangé
À marcher dans l'espoir s'extasier des rues pailletées de lucioles artificielles

Songer à l'absence
Cette nuit encore, mes rêves étaient imprégnés d'elle.





6 juillet 2016

Fragile – lentement je vacille.





20 juillet 2016

Dans la tête un troupeau au galop qui parcourt les kilomètres de la route des sanglots
dans le cœur une explosion de douleur qui serre et coupe la respiration
c'est la haine de toi-même le [dé]goût de la déception
émiettée fracturée fissurée déchirée sacrifiée
Aimer de tout ton vide – aimer à perdre raison – te résoudre dans ton [in]existence

Quand tu seras morte sur ton front il sera gravé « en cours de guérison »
– doucement tu fermes les yeux ; il paraît que demain, oui, demain, tu iras mieux.



2 août 2016

Je me suis rendue compte combien les séquelles étaient ancrées en moi 

À tel point que je n'en dormais plus la nuit.

J'ai imaginé guérir seule, trouver un remède de solitude et de réflexion sur ce qui m'entoure mais j'ai fini par replonger comme avant.

Aujourd'hui est le premier jour d'anxiolytiques – quelles en étaient les véritables raisons – et boire était une bénédiction. J'ai essayé tant bien que mal de m'endurcir, j'avais réussi à retrouver la santé après toutes ces années, j'avais réussi à cesser de partir en vrille ; et tout rebascule soudain

tout s'enchaîne encore – je sens chaque jour mes forces me quitter un peu plus alors que je m'enfonce dans les ténèbres

tout m'est familier

Les aiguilles les cachets l'attente suspendue dans le vide

compter les jours qui semblent être une éternité raser les murs fermer les volets

guetter par la fenêtre la nuit tombée


Et si fragile dans le soir, je réalise la chance que j'ai d'être entourée.

Ce n'est pas facile d'assumer tel fardeau. Alors ces bras qui me portent, me libèrent doucement de ce poids – et malgré toutes nos faiblesses, ils tentent encore de me raccrocher à eux sans savoir de loin que dans le silence je les admire et les respecte pour ça

j'ai perdu l'espoir l'envie d'y croire et pourtant je suis là


Et le corps cesse de se battre et lâche du leste

Le corps ne cicatrise pas il est marqué par la douleur le sang marqué par les conneries

Le corps cède les jambes ne tiennent plus l'âme et dans ma tête encore, c'est le même combat entre le cœur et l'esprit.


J'irai voir la mer


Il m'a demandé de respirer fort par la bouche – en vrai, j'en étais bien incapable 

Je n'avais que la nausée à chaque inspiration, l'envie de gerber

À chaque expiration, supplier d'arrêter – il est tant que ça cesse je ne veux plus


Je ne veux plus entendre une seconde de plus ce cœur battre dans les tempes je veux que tout cesse

Les pulsations me rappellent ce vœu que j'avais fait autrefois


« J'ai envie de mourir – faites que je ne dépasse pas mes vingt ans. »


Malheureusement, je crois qu'avec le temps, les anges et les astres m'ont abandonnée.






3 août 2016

Je n'avais pas dormi depuis longtemps
Tout s'embrouille dans ma tête, tout devient confus. C'est peut-être mieux comme ça finalement. Oublier la pensée, oublier le temps, m'oublier

J'ai goûté la fraîcheur d'une pastèque après mon réveil en fin d'après-midi ; mes larmes ont débordé –

dans mon être tout entier tombent les pluies d'été.




4 août 2016

Quelques parfums me rappellent le délicieux goût de nos souvenirs.





10 août 2016


Prendre le petit déjeuner sur le pont du bateau marcher le long de la Charente, les cheveux qui volent dans l'air frais passer devant la Corderie Royale, me rappeler des anecdotes
Sourire aux éclats – la lumière renaît – admirer l'Hermione pour la énième fois flâner dans les petites rues pour échapper aux touristes aller me faire couper les cheveux
Manger un bout allongée sur le voilier la chaleur du soleil qui fait dorer ma peau repartir en escapade
Acheter cinquante euros de vieux livres chez un bouquiniste d'Aragon à Sand en passant par Gide et Verlaine puis tant d'autres et sourire encore aller voir la mer, reflex en main savourer écouter respirer me dire que ça ira que ça ne peut qu'aller
Quand le scintillement de l'océan m'émeut et qu'il n'y a plus que la beauté du monde devant mes yeux – alors je sens en mon cœur l'espoir revivre d'un avenir meilleur.




12 août 2016

Ce matin à la Capitainerie j'ai tressé mes cheveux avec soin ; déjà un peu matelot, un peu pirate sur les bords j'ai rangé le maillot de bain j'ai remis mes chaussures j'ai fermé mon sac et j'ai embarqué ma tonne de bouquins

Et puis après Oléron, après le soleil l'île l'océan le voilier à Rochefort, après le petit port de Saint Denis le nouveau carnet déniché dans une petite librairie qui me ramènera éternellement à quais, après le restaurant et les classiques moules au curry après les nuits tanguantes et les matinées flottantes
Après tout ça – retrouver La Rochelle, ses bateaux son vieux port, prendre le petit déjeuner face aux tours déguster la douceur de l'air et la fraîcheur d'un jus pressé en attendant ma tante – les retrouvailles méritées.




14 août 2016

Tu me parles pendant des heures de ces personnages qui ont entouré et peuplé ta vie
tu me parles de mon père de notre famille d'anecdotes qui t'apportent une certaine nostalgie
et moi je ris, à chaque fois, je ris d'apprendre des bouts de moi de ceux qui m'ont créée éduquée apprivoisée
je ris d'amour et de fierté et d'apaisement aussi

Tu me ramènes quinze ou vingt ans en arrière et décris comment j'étais gamine
Cette enfant pleine de vie qui chantait à tue-tête « mangez-moi mangez-moi mangez-moi » devant mon père exaspéré et toi larmes de joie
cette enfant que tu prenais dans tes bras aux réunions et qui refusait d'embrasser une tj en se cachant dans ton cou sous prétexte qu'elle était moche et qu'elle piquait

On revoit les photographies poussiéreuses et jaunies
Souvent tes yeux brillent quand tu te plonges dans les souvenirs souvent tu marques des longs silences que j'accepte et savoure mais qui me rendent impatiente toujours

tu cherches dans la mémoire
Tu m'offres la possibilité de comprendre, d'assumer aussi ce passé-fardeau que l'on nous a transmis

Je voudrais te dire qu'il ne faut pas que tu aies de regret – de mes rires sauvages, j'en garde l'éclat et la beauté.




16 août 2016

Tu m'as emmenée sur la tombe de mon papy puis dans le quartier où tout a commencé, mais où tout s'est aussi fini
tu as pris le temps de te remémorer ; je me souviens de tout – du trottoir biseauté, de la plaque d'égouts, du cochon pendu, des noisetiers qui faisaient office de haie.
Le vieux terrain sec où nous passions des heures à jouer au foot matin midi soir nuit j'me rappelle de la lumière déclinante avant qu'ils nous appellent et qu'il soit l'heure d'aller se coucher
On a longé le cimetière, et là, les terrains – club de foot étant gamins rien n'a changé tout reste figé plus ou moins
Il n'y a cependant plus le petit bois, ni les champs de blé
Que des baraques neuves et sans mémoire

J'ai tant de nostalgie et tant de sanglots enfouis
tu continues de me parler de nous, on fume une clope en égrainant les souvenirs poussiéreux et en redescendant cette rue qui me paraissait démesurément grande étant petite, mais qui, avec le temps, a perdu de son immensité.

Tu as glissé une lettre dans mon sac de voyage ; j'aperçois ton écriture, tu me dis de la lire en rentrant – ce que j'ai fait dès mon arrivée.
Les larmes me sont montées sans que je puisse les retenir

et puis il y a eu ça ; et les pardons, et les apaisements

Et je suis là prête à m'endormir – le cœur gros et remplis de soupirs.
Je n'oublierai pas la mer, les rires, les photographies, je n'oublierai pas mon sourire, ni le tien, je n'oublierai rien de ce qui nous [re]lie.

Dans les bras de Morphée je voudrais m'y plonger
Pourvu que la nuit soit teintée d'étoiles et de légèreté.




24 août 2016

Déception de toi encore

après l'hémorragie

après les coups de sang de tête de corps les coups d'amnésie tout est clair est limpide
Tout est dérisoire.



31 août 2016

Tu cherches le souffle

la respiration qui te maintiendrait en vie
tu as peur tu as peur
tétanisée
Le passé te projette violemment contre le mur le goût du béton dans la bouche le goût du béton dans la face



3 septembre 2016

Je regardais le paysage défiler quand je me suis rappelée la douleur que c'était d'être à tes côtés

je t'ai attendue si longtemps, j'ai essayé de patienter d'être forte de ne pas tomber
Et cette douleur vive et saisissante qui me brûle le cœur
l'air étouffant quand tes bras me frôlaient mais jamais ne m'enlaçaient quand ta bouche s'étirait mais ne souriait jamais sur mes lèvres
Je me suis rappelée de la frustration de tes non-dits, de la tristesse de tes départs
des nuits sans lendemains des journées sans nouvelles

Et puis il y avait cette douceur après ça
après l'amour les réveils sous les toits qui contrastent et me rendent indécise te laisser arrêter il le fallait mais j'en étais bien incapable
j'ai aimé la musique de nos corps et le rythme de nos peaux
ce fût court

je voulais que ça dure j'y croyais si fort
Si fort j'ai lutté - moi, la déraisonnée

Après la rupture de l'espoir je n'ai qu'un souhait s'il-te-plaît

Ne m'oublie pas



5 septembre 2016

Parfois je repense à ces jours où rien n'avait d'importance et où les nuits n'étaient plus agitées ; je repense à l'apaisement des matins sans doute et sans pensée, au rire de la mère et à la chaleur du soleil qui m'ont tant apportée.

Dans la poitrine, cette enclume qui m'écrase toujours – je voudrais respirer –

Ce jour-là je porterai une robe blanche ; de la dentelle sur les épaules, la peau hâlée par l'été déjà presque terminé
Ce jour-là, au lieu d'avoir la peur au ventre, j'aurai l'envie de batailler et de tout donner
Je me sentirai bien, il fera beau j'espère.
Certains espoirs semblent perdurer et me rendre plus légère.




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire