« Il est grand temps de rallumer les étoiles. »

mercredi 27 juillet 2016

Prendre le large 
sentir l'eau salée coller à la peau l'écume éclabousser le visage
l'air marin s'engouffrant dans la tignasse ébène écouter le clapotis des vagues qui se fracassent et s'agrandissent 
Imaginer l'horizon infini et le soleil qui se couche endormi mais pas terni

Après les nuits-cauchemars les insomnies rêver de s'y jeter
à corps perdu laisser le courant m'emporter et me bercer
le bonheur la douleur d'être en vie là, dans les bras de l'océan.

Dans mes veines ressentir à nouveau 
cette sensation 
sensation divine  
alcool alcool
depuis toi 
Ressentir encore être comblée remplie par 
cette autre chose
pas humaine pas 
naturelle 
mais 
magique 
Substance qui glisse inlassablement  
ça m'avait manqué 
quotidiennement 
ne pas penser ne pas lutter glisser encore 
m'engouffrer dans le noir
Lâcher prise quand ça entre en moi

Ce corps est mien et ne l'est plus 
m'abandonner au vide autre moi qui es-tu je te croyais familière 
tu n'es qu'une enveloppe de plus qui erre 

Et qui étreint 
enfin le verre 
c'est comme avant 
comme.. avant 
revenir en arrière
au-delà du corps qui cède 
ne pas oublier – se rappeler

C'est magique putain
magique de s'oublier de t'oublier 
rechuter de plein fouet

Et tragique aussi 
à genoux ; paradoxe

ça ne fait que commencer.

J'nous ai revues barboter pour la première fois dans le bain.
On jouait avec la mousse ; l'odeur était délicieuse. On faisait l'amour on s'embrassait c'était sauvage j'étais fougueuse
et puis tu m'as demandé si tu pouvais me poser une question
oui vas-y tout c'que tu veux dis-moi
« as-tu peur de mourir ? »
Si j'ai peur de mourir ? Non, j'ai pas peur de mourir. Ma réponse reste la même, quelques années après.
J'ai pas peur de mourir. Jamais. Parce que mourir est facile futile, parce que mourir est une délivrance. Mais j'ai peur de vivre ça oui
vivre signifie affronter
Affronter tout constamment affronter ses démons ses peines ses souffrances affronter les autres la haine la société affronter partout et tout le temps ; j'ai pas peur de mourir parce que j'ai rien à perdre. Pas d'amour pas de famille pas d'regrets pas de larmes, plus de larmes.
Pas d'amour, pas d'amour.
J'ai plus rien qui me retienne alors oui, j'partirais sans m'retourner s'il le fallait.
Aujourd'hui j'te déteste mais cette image du bébé requin dans l'bain a réussi à me faire vaciller ; j'ai regardé le ciel se voiler j'ai retenu les sanglots
Le souvenir de notre amour m'a flanqué la frousse soudainement
t'es morte pour moi t'es morte et enterrée
cesse de revenir me hanter
J'ai pas peur de mourir mais j'ai peur de ton souvenir ; tu es bien pire que la mort
Depuis toi me voilà condamnée.




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