Prendre le large
sentir l'eau salée coller à la peau l'écume éclabousser le visage
l'air marin s'engouffrant dans la tignasse ébène écouter le clapotis des vagues qui se fracassent et s'agrandissent
Imaginer l'horizon infini et le soleil qui se couche endormi mais pas terni
Après les nuits-cauchemars les insomnies rêver de s'y jeter
à corps perdu laisser le courant m'emporter et me bercer
le bonheur la douleur d'être en vie là, dans les bras de l'océan.
Dans mes veines ressentir à nouveau
cette sensation
sensation divine
alcool alcool
depuis toi
Ressentir encore être comblée remplie par
cette autre chose
pas humaine pas
naturelle
mais
magique
Substance qui glisse inlassablement
ça m'avait manqué
quotidiennement
ne pas penser ne pas lutter glisser encore
m'engouffrer dans le noir
Lâcher prise quand ça entre en moi
Ce corps est mien et ne l'est plus
m'abandonner au vide autre moi qui es-tu je te croyais familière
tu n'es qu'une enveloppe de plus qui erre
Et qui étreint
enfin le verre
c'est comme avant
comme.. avant
revenir en arrière
au-delà du corps qui cède
ne pas oublier – se rappeler
C'est magique putain
magique de s'oublier de t'oublier
rechuter de plein fouet
Et tragique aussi
à genoux ; paradoxe
ça ne fait que commencer.
J'nous ai revues barboter pour la première fois dans le bain.On jouait avec la mousse ; l'odeur était délicieuse. On faisait l'amour on s'embrassait c'était sauvage j'étais fougueuseet puis tu m'as demandé si tu pouvais me poser une questionoui vas-y tout c'que tu veux dis-moi« as-tu peur de mourir ? »Si j'ai peur de mourir ? Non, j'ai pas peur de mourir. Ma réponse reste la même, quelques années après.J'ai pas peur de mourir. Jamais. Parce que mourir est facile futile, parce que mourir est une délivrance. Mais j'ai peur de vivre ça ouivivre signifie affronterAffronter tout constamment affronter ses démons ses peines ses souffrances affronter les autres la haine la société affronter partout et tout le temps ; j'ai pas peur de mourir parce que j'ai rien à perdre. Pas d'amour pas de famille pas d'regrets pas de larmes, plus de larmes.Pas d'amour, pas d'amour.J'ai plus rien qui me retienne alors oui, j'partirais sans m'retourner s'il le fallait.Aujourd'hui j'te déteste mais cette image du bébé requin dans l'bain a réussi à me faire vaciller ; j'ai regardé le ciel se voiler j'ai retenu les sanglotsLe souvenir de notre amour m'a flanqué la frousse soudainementt'es morte pour moi t'es morte et enterréecesse de revenir me hanterJ'ai pas peur de mourir mais j'ai peur de ton souvenir ; tu es bien pire que la mortDepuis toi me voilà condamnée.
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