Gare Austerlitz, 23 juin 2016
Le soleil chauffe mes tempes et ma peau encore marquée par les jours pluvieux.
Des tresses dans mes cheveux ébènes, quelques regrets dans le cœur. Partir il le faut, encore. Toujours errer entre les villes, dire au revoir, à plus tard. Faire taire la voix dans ma tête qui me dit d'arrêter de fuir et de prendre mes bagages, une fois de plus.
J'ai écrasé la première cigarette et me suis allongée face au ciel
l'azur est si pur, et familier – il me rappelle les yeux de quelques souvenirs, de ceux que l'on n'oublie pas et qui réapparaissent pour m'arracher un sourire.
Revenir, et repartir.
Ainsi je vais dans le cœur des gens
jamais retenue
parfois déçue
et quand je pose mes valises l'on me dit de ne pas rester
ou l'on ne me dit rien, on me laisse là
dans le silence désespéré
Faut-il que je crie à qui veut l'entendre, faut-il que je me saigne, me risque à me jeter à corps perdu pour qu'enfin je sois de celles qu'on n'oublie pas, de celles qui manquent et marquent le vide quand elles ne sont plus là ?
Tel est mon destin – vivre et revivre l'abandon ; fardeau des absences que je porte sur mon dos.

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