« Il est grand temps de rallumer les étoiles. »

vendredi 28 juin 2013

J'ai fait la carte des voeux comme chaque année. Comme chaque année le temps m'a ri au nez.


J'le connais par coeur ce paysage. Par coeur. Je connais chaque arbre, chaque chemin, chaque allée, je reconnais chaque toiture, chaque champ, chaque grillage.
J'le connais par coeur ce paysage, même au gré des saisons. J'le connais pluvieux et inondé, boueux, enneigé. Mais j'le connais aussi d'une rare luminosité, d'un soleil éblouissant. 
J'le connais et lui me connait également. Il connait la peur qui me saisit quand je le vois défiler, il sait chaque larme que je verse contre la grande fenêtre. Il sait aussi que parfois, j'aime le retrouver. C'est court une heure et trente-neuf minutes. Mais il sait que je fais tout pour en profiter. Il apprend les paroles des musiques que j'fredonne, et puis les bouquins que je savoure, enfoncée dans mon trop grand siège. Il adore quand je le prends en clichés, et aime que je pense à lui, même les soirs d'été. 
Il connait mes peines et mes déceptions, et mes angoisses devant son illusion. Il connait l'amertume qui s'accumule sur le bout de mes lèvres, et les maladies qui saisissent mon corps, sans trêve. Il connait tout de moi.


Le silence. Courir en trombe à perdre haleine, à perdre pieds dans un monde trop embrumé. Si je tombe la tête la première encore une fois, me retiens pas, ça sert à rien. Ça sert à rien. Parce qu'on peut plus rien pour moi, je reste à terre de dégringolade en dégringolade. Quand je regarde ce paysage que je ne pourrai jamais atteindre, c'est vrai que j'ai envie d'pleurer. Et les images qui se succèdent forment un film saccadé qui mêle beauté et divination. J'ai plus trop d'espoir quand j'me retrouve dans le noir. Et je n'entends plus trop ma respiration. 
La course au temps, la poursuite des nuages qui s'étirent. Cumulus tout blancs sur fond bleu océan. Courir pieds nus sans s'avouer vaincue. Faut pas avoir peur du noir. Faut pas renier l'espoir, même s'il est déjà trop tard. Si j'me casse la gueule encore une fois, pardonne-moi, pardonne-moi. 
Mais ne me retiens pas.



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