« Il est grand temps de rallumer les étoiles. »

mercredi 27 mars 2013

« Et si je souriais, je me jetais dans vos bras. Verriez-vous alors ce que je vois maintenant.. ? »



J'pourrais écrire des listes. Des tas de listes. Des choses à faire, des choses à penser, à écrire, à faire avant de mourir. J'pourrais énumérer des souvenirs, des lieux, des paysages, j'pourrais lister des passions, des films que j'ai vu et des livres que j'ai aimé. 
J'pourrais établir des dizaines de tirets, des centaines d'idées. 
Pas une ne correspondrait. 
Vous ne comprenez pas. Vous n'avez jamais compris. Compter sur le bout des doigts, identifier, localiser, dicter, penser, trouver. C'est trop facile, beaucoup trop. Putain, putain vous ne comprendrez jamais. Putain c'que j'ai mal quand vous oubliez. 
J'ai le récit de vos vies sur le bout des lèvres en filigrane. Je vais les cracher, les vomir, jusqu'à la dernière photo-souvenir. Que reste-t-il de votre enfance, de votre passé ? Savez-vous quelles sont vos racines ? 
Et toi, toi qui te cultives et fais en sorte de ne jamais oublier, pourquoi as-tu si peur d'Alzheimer ? Quelle réalité fuis-tu ? 
Ca m'broie le coeur, ça m'broie tout entière et j'en suis réduite en poussières. Le temps passé à essayer de comprendre m'a foutue en l'air, j'me suis foutue en l'air. Trop d'versions, trop d'échos, trop de hargne et de haine dans les propos. Oui, c'est vrai que j'pourrais écrire des tas de listes. Sur du papier à carreaux, du papier à dessins, petits ou gros grains, sur un mur, sur la peau, graver dans la roche, tracer dans le sable, dans la crasse d'une fenêtre, à l'aide d'une machine à écrire, d'une plume ou d'un stylo. Peu importe. Peu importe comment, pourquoi, qui, quand, où. Le temps passé à essayer de déchiffrer les fardeaux et les milliers d'immondices, s'est écoulé à une vitesse fulgurante. 
Je suis éviscérée, ulcérée, étripée, lacérée de vos plaintes, votre mépris, votre répugnante manière de consommer. 
C'est trop facile, putain, beaucoup trop simple. Et pourtant, pourtant je - tu - nous - n'ai - n'as - n'avons - jamais compris. Être passée à côté de beaucoup de choses, beaucoup d'événements sans jamais pouvoir faire machine arrière. Mais j'me plains pas, non. Je ferme ma gueule j'encaisse et vous devriez peut-être faire de même. 
C'est trop facile, trop facile d'attendre que ça se passe, trop facile d'oublier, de céder, de cesser de se battre. Trop facile de détester et d'insulter plutôt que de débattre. Pas une explication plausible, pas une liste de vérité. Seulement un alignement des mensonges et des illusions qui nous ont bercé. Pas de preuve, pas d'indice, la réalité est telle que nous l'avons toujours transformée ; jusqu'à ce qu'elle ne devienne qu'une sorte de manipulation fictive de nos mémoires. Un songe ambulant qui déboule dans nos corps : ça se tord ça se broie ça se crispe et s'étreint. Ca m'écoeure.

.. Toi qui te cultives et fais en sorte de ne jamais oublier, pourquoi as-tu si peur d'Alzheimer.. ?

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