« Il est grand temps de rallumer les étoiles. »

lundi 25 mars 2013

C a t h a r s i s




Elle allume les lanternes, une à une, du chemin terreux et sinueux je peux les apercevoir à l'orée de la forêt.
Elle m'appelle.. Je me rapproche, j'entends le piano qui murmure, elle m'attend, elle m'attire. J'avance, plus rien ne m'arrête, j'avance et je pénètre dans l'antre végétale. 
Je suis les lanternes, je sais qu'elle est là, quelque part, au beau milieu des arbres, cachée et magnifique. Je sens sa présence, son parfum pèse dans l'air, nuit bleue, écorces sépias, mes jambes marchent toutes seules, elles me guident, ma tête enivrée. 
Je distingue sa silhouette parmi les branches et les herbes sauvages. Ca y est, elle est là... Je m'avance jusqu'à ce que nos corps ne soient plus qu'à quelques millimètres. Je plonge mon regard dans le sien, elle a les yeux vert, gris, elle a ce regard langoureux, voluptueux, ténébreux et je frissonne, il y a une étrange et sensuelle tension. Un trait de liner noir souple marque la courbe de ses paupières ; sa peau est blanche et d'une pureté absolue... Ses lèvres pulpeuses, rouges infinies, m'attirent et me désarment... 
Alors c'est le coup de grâce ; des papillons s'envolent par milliers dans tout mon corps et se déploient dans le sien, et dans la forêt, et dans les cieux. Des lucioles se propagent autour de nous, nous lient, nous enlacent, nous fusionnons dans un souffle. 
Et puis soudain, plus rien. 
La lumière a cédé la place aux ténèbres, les papillons aux chauve-souris, il n'y a plus que du noir, du noir tout autour de moi, il n'y a plus de sépia, ni d'herbes folles, ni de présence. Il n'y a plus toi. 
Le souffle coupé par destruction, c'était un rêve, une pure invention. Irréalité conflictuelle. 
Il n'y a plus toi. 
Forêt enchanteresse des destins perdus. 
Sombre conne.



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