« Il est grand temps de rallumer les étoiles. »

mercredi 13 février 2013

« Jusqu'où petite tu repousses les limites ? Tout "ce qui ne tue pas" ne rend pas comme tu crois, plus forte à chaque fois. »






Laissons de côté un instant.
Lâche l'affaire, lâche l'affaire. 
Elle était trop petite pour comprendre, trop fragile pour connaître la vérité. Trop enfantine, pas assez forte. Les enfants aimaient courir dans la cours de récré, elle les regardait souvent, toujours émerveillée. Envieuse et jalouse de leurs rires et de leurs joies de vivre. Les enfants ignoraient tout de l'histoire, jamais paumés, toujours aimés. Ils criaient au loup, au chat, au ballon qui s'faisait la malle. Ils vibraient.  
Ternie, maussade, sans amis, détestable. Cherchant un repère du coin de l'oeil pour s'échapper une seconde de cet enfer. Trop petite pour comprendre, trop fragile pour connaître la vérité.. 
Alors sur la photographie de ses premiers jours, les masques s'accrochent. Pour faire comme tout le monde. Mêmes sourires, mêmes expressions, mêmes envies d'immortaliser un moment dans le temps qui mentira pour le reste de son parcours.

"Elle était heureuse, épanouie, souriante." Mensonges. Ignominies. Désastre. Qu'avaient-ils de plus ? 
Lâche l'affaire, lâche l'affaire. Maintenant. Tu te fais du mal. Tu n'y arrives pas, tu te fais trop de mal.

Elle était trop petite pour comprendre, trop fragile pour connaître la vérité. Mais qu'est-ce que ça prouvait à l'époque ? Rien. On ne les écoutait pas, on ne pensait pas à eux. On n'en faisait qu'à notre tête, nous les détruisions. Rien n'était parfait. Tout était à refaire. Plus d'amour, plus d'effort. Déconstruction, déploration. 
Elle résistait aux forces qui voulaient l'emmener. On aurait pu la retrouver morte il y a bien longtemps. Elle résistait, elle résistait. Pour ne pas les laisser gagner. Pour créer une fierté. 
Mais lâche l'affaire, tu tournes en rond, tu vas tomber, te noyer, lâche l'affaire à présent, c'est trop tard. 
Laisse-moi, laisse-moi finir. 
Tu fonces dans le mur..

Sépia. Non, noir et blanc. Couleurs délavées effacées évaporées. Corps figé sur le passé. De dos. Il n'y a pas de date, jamais de date parce que la mémoire n'en voulait pas. 
N'essaie pas de te rappeler. 
Ses cheveux ébènes étaient carrés, frange devant les yeux, sourcils froncés. Pas de boucles, pas de boucles. Des joues boursouflées. Des bras potelés. 
Elle était vraiment laide. 
Non, c'est toi qui es laide. Aujourd'hui. Laide et salie. Traître. Traître. Elle était trop petite pour comprendre. Ils ne lui ont pas laissé le choix. Trop fragile pour se douter de la vérité. Ils accroissaient la cruauté. 
Mensonges. 
Trop enfantine, on lui avait bien dit. Pas assez forte. Jamais forte. Toujours en train de pleurer de prier d'espérer. 
Lâche l'affaire.  

Elle aurait pu se faire none. 
Lâche l'affaire tout de suite.

Ils l'ont tuée. 

Lâche..


Elle avait compris avant tout le monde.. Elle savait ce qu'il se tramait. Elle n'a rien fait. Pas essayé de les rabibocher, pas essayé de leur faciliter la vie. Elle ne souriait jamais sauf pour faire plaisir. C'était une peste. Une putain de peste. Elle connaissait la vérité, elle était si forte. Elle ne pleurait pas de peur de malheur ni de désespoir. Elle pleurait de haine, de colère et d'amertume. 
Il fallait que tu lâches avant d'en arriver là.. 

Elle aurait pu se tuer définitivement. 
Stop..

Elle a préféré les laisser faire. 
..

Lâche..



6 commentaires:

Anonyme a dit…

http://www.youtube.com/watch?v=I_pahMHnXvU&feature=youtu.be

Mathilde Baron-Harjani a dit…

"Cette vidéo est privée". Je ne peux donc malheureusement pas la lire, "Anonyme".

Anonyme a dit…

autant pour moi !

Mathilde Baron-Harjani a dit…

Dans ce cas-là, pourrais-je avoir un autre lien ou.. Une identité ? :].

Anonyme a dit…

normalement le lien devrait marcher :) c'est rien d'extraordinaire, juste pour dire que tes textes me touchent ;)

Mathilde Baron-Harjani a dit…

Bon, eh bien.. Tu as réussi à me faire pleurer ; je ne te connais pas, ou du moins, je n'ai pas reconnu ta voix. Mais tu m'as beaucoup émue avec mon texte interprété. Ca lui donne un autre aspect, une autre force.. Subtile, et très poétique.
Je te remercie énormément.

Enregistrer un commentaire