Le temps efface ton visage. Comme une trace dans le sable que le vent recouvre d'un geste furtif.
Les feuilles des maronniers s'envolent et tombent inlassablement en lambeaux. Les couleurs ternissent, l'orange, le rouge de l'automne disparaissent lentement. Le figement des paysages pendant ton absence me glace le sang. Sans nouvelles de toi.
L'appréhension des jours à venir comme une menace qui règne autour de moi, comme le glaive de la mort au-dessus de ma tête. Menaçant, incessant. Le souvenir vague de notre relation rôde comme un vautour et l'angoisse du vide qui surgit me prend au bide. Comme la gangrène qui se propage et qui engloutit les corps poreux.
Le dégoût qui prend forme. Le dégoût de moi. Le dégoût de n'avoir jamais été à la hauteur. Le dégoût des illusions, de la fiction. Le dégoût du passé. Le Dégoût de la réalité.
L'effet papillon ; toi, moi, nous. Une entité, une unité qui disparait. Je, tu, nous n'existons plus et plus le temps défile et plus je deviens invisible. Et plus tu m'irradies et plus ma douleur s'agrandit. Ephémère de mon sourire devant l'éternité du tien, l'ange qui me transforme en martyr. Je t'ai regardée partir, le temps était brumeux, le train crissait, mon reflet dans la vitre, et ta silhouette en filigrane.
... B O R N T O B E D A M N E D..
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