« Il est grand temps de rallumer les étoiles. »

mardi 13 novembre 2012

« Chaque fois, quand nous sommes tout au bout de ce que je peux endurer, quand il n'y a plus le moindre espoir, plus la plus légère possibilité, la plus fragile vraisemblance... cela nous arrive... un courage insensé, la noblesse, l'intelligence parviennent juste à temps à nous sauver.. »

 
 
« J'ai beau me recroqueviller, me rouler en boule, me dissimuler tout entière sous mes couvertures, la peur, une peur comme je me rappelle pas en avoir connue depuis, se glisse en moi, s'infiltre... c'est de là qu'elle vient.. je n'ai pas besoin de regarder, je sens qu'elle est là partout... elle donne à cette lumière sa teinte verdâtre... c'est elle, cette allée d'arbres pointus, rigides et sombres, aux troncs livides... elle est cette procession de fantômes revêtus de longues robes blanches qui s'avancent en file lugubre vers des dalles grises... elle vacille dans la flamme des grands cierges blafards qu'ils portent... elle s'épand tout autour, emplit ma chambre...je voudrais m'échapper, mais je n'ai pas le courage de traverser l'espace imprégné d'elle, qui sépare mon lit de la porte. »
 
 
M'exorciser.
 
Jette au feu les poussières de regrets.
Gerbe par centaines les larmes putréfiées.
 
- Tu peux partir.
- Comment puis-je faire ?
 
- ... Je ne sais pas.. Essaie.. Oublie-la.. Pars, laisse le temps défiler..
- Tu dis ça parce que tu ne tiens plus, parce que tu as trop donné.
- Je dis ça parce que tu risques d'en crever.
- ...
 
- .. Ne te l'avais-je pas dit ?
- Je.. J'ai essayé, j'ai essayé et je voulais tellement..
- Je sais. Je sais.
- Et je suis désolée, pardonne-moi de tout ça, j'avais espéré que..
- .. Que ça marche, mais non, non. Tu es trop naïve, bien trop.. à la ramasse.
 
- Au début j'avais peur, mais tu me disais que ça irait..
- C'est vrai, moi aussi, j'y ai cru. Mais c'était avant qu'elle ne revienne la chercher, avant qu'elles se dévoilent.
 
- Tu sais.. Tu sais j'ai tellement mal et je cherche dans tous les recoins de mon corps, dans mes entrailles, mes caveaux, mes creux, mes reins, mon coeur, ma tête, mes nerfs, mon âme, mes jambes, je cherche la moindre parcelle pas encore pourrie par son passage, et je trouve rien, est-ce que j'déconne, est-ce que j'deviens folle ?
- Et moi, tu m'oublies ?
- Oh non, je ne t'oublies pas.. Au contraire..
- Alors tu penses que..
- Oui, même toi..
- Tu es sûre.. ?
- Toi.. Toi aussi, pardonne-moi..
 
- Mais si j'ai envie qu'on s'relève toi et moi, c'est bien qu'il y a un espoir ?
- Je ne sais pas.. Peut-être que je saigne tellement que je vais finir toute vide, comme..
- .. Comme la dernière fois..
- Oui, c'est ça.. Comme la dernière fois..
- S'il te plaît, allons-nous en. Laisse tout ça derrière, allez viens on s'arrache.
- J'voudrais tellement, mais elle nous suivra, comme lorsque je, nous, on ferme les yeux !
- Dans mes, tes, nos rêves ?
- Oh que oui, souviens-toi.. Hier encore, elle était là..
- ...
- Pardon, c'est de ma faute, ma mémoire..
- Elle est pourrie, contaminée, tout comme moi, toi, nous..
- Je suis tellement épuisée..
- Je commence à faiblir, à ne plus sentir..
- Et mes paupières se ferment, et mes bras se baissent, et mes jambes tremblent..
- Il faut..
- ... Tenir le coup..
 
 
 

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