« Il est grand temps de rallumer les étoiles. »

vendredi 3 décembre 2021

 


5 octobre 2021

tu as accroché ton cœur au porte-manteaux à l'entrée de l'appartement accroché suspendu le temps d'arriver à avancer sans faire de bruit enlever les chaussures aussi pour pas salir trop le lino et le cœur accroché alors comme en bandoulière là ça pendouille dans l'attente retenir le souffle retenir retenir plus que le bruit du tambour de la cage le gouffre sous tes pieds chaussettes glisser dans le silence des non-dits le cœur bien accroché et les poumons en détresse tu as pénétré dans l'antre-deux

tout autour les murs les meubles tout est similaire mais ce n'est plus ta maison on te rattrape dans la nuit on te cauchemar on t'atrophie souvent souvent les mains saisissent les chevilles et d'un coup les deux genoux terre dans la douleur de l'onde de choc et les dents clac et les dents clac t'accrocher la mâchoire comme ton cœur par peur qu'elle se décolle la mâchoire et les dents de bouger passer la langue autour et dedans et dessus pour être sûr.e que tout tient bon (sans certitude puisque tu n'as pas su si c'était le (mauvais) rêve ou la réalité) peut-être toujours un peu des deux ici à la jonction : tu comptes les angoisses peintures


la maison n'est plus la maison

et le rêve n'est plus le rêve

et la réalité déception

dedans comme dehors : le silence

et en suspens : la mécanique du cœur


tu étouffes dans la nuit

et face à ton ombre il y a

yessourim





7 octobre 2021
je m'extirpe du rêve
au réveil il y a eu
le temps d'arrêt sur
image
ton grain de beauté
soutenant ton sourire
le Sud et l'Est
après la surprise il y a
eu le frisson
et puis avant et après
l'ardeur brûlante de
l'automne

je m'extirpe de ce rêve
à reculons
et quand je fais enfin
face à
le train n'est déjà plus
à quai

un courant d'air
dans la fin de
l'été




14 octobre 2021

il y a

ce vide là

sous le tapis de feuilles mortes il y
a
la lune gonflant ton visage il
y a
tes teintes préférées du ciel à la
terre
et l'élan passé tout sourire
le vide là pénétrant la peau
déclinant le jour peu à peu

tout semblable aux automnes passés
avec le sang en moins
mais l'ambre toujours
de tes yeux à ta
bouche




3 novembre 2021

les embruns aux paupières


comment faire pour respirer loin des marées

et des trésors peuplant les côtes

le fracas des vagues bourdonnant dans celui du vent

ton sourire pour seul soleil



et l'eau purifiera tout ; et le sel cristallisera le deuil
chaque jour une pensée pour les mort.es
et puis pour les vivant.es
celleux qui tiennent bon dans un monde
qui n'est pas fait pour nous




4 novembre 2021
(tu sens le vent s'engouffrer dans la tignasse, le cœur accroché de toutes tes forces à la beauté
et une promesse certaine indicible ricocher sur les dunes pour tempérer les rafales)


les cieux à l'automne se chargent de chagrin
un autre talisman les a rejoint.es

et dire
que tu es né.e parmi la pourriture qui jonche le sol
quand d'autres s'élèvent vers la beauté dans un silence sans fin




12 novembre 2021

et mes yeux perdus sans le vague

se referment à l'heure pâle
pour que la ville se taise

le brouhaha de novembre
veille au grain
et mes yeux ouverts de nouveau
brûlent du manque de sommeil

dehors
j'aimerais emmener mes yeux
où la beauté persiste
quelque part entre l'écume
et le scintillement des astres

mais tard
passé l'amour.e heureux.se
ne reste plus que l'espoir

et mes yeux perdus dans la lenteur
se parent de larmes et d'effroi
le brouhaha de novembre
- incessant fracas -

veille au lendemain




15 novembre 2021

parfois ;

j'aimerais m'arracher le coeur
ne jamais ressentir le gouffre soudain
l'anesthésie générale depuis quelques années
au réveil
pourquoi c'est toujours la douleur ?




22 novembre 2021
Ta maison
ta maison si loin si loin que tu ne sais plus où aller
avant il fallait retrouver les fantômes
avant avant il fallait viscéralement marcher dans les pas de
pour pas crever
et maintenant
quoi
quoi l'entre-deux le flou le vide
un pied dedans un pied dehors
et quand ça secoue ça fait vriller les fondations
plus que des ruines et ta maison
disparue dans la brume

derrière les fantômes tapis dans l'ombre
tu entends leur râle
et tu ne distingues plus si c'est l'horloge du cœur ou le bruit assourdissant de la respiration
mais devant ta maison elle s'efface
et le sang qui filait dans les racines s'est asséché

et les joues aussi, asséchées
et le cœur aussi
asséché
sec et creux comme le corps–caverne

une coquille vide
paguroidea
préférer à tout jamais le vide plutôt que la douleur

un jour
il y aura une clé sous le paillasson
la maison plus en ruines tu sais
passer un jour par la porte d'entrée
le parfum chaleureux remplirait le couloir
et sur le bord des lèvres ces mots
« j.e.s.u.i.s.r.e.n.t.r.æ »

il n'y a pas de foyer
le cœur-même le cocon
il n'y a pas d'amour
à l'amer sans repère
il n'y a que la mort

ta maison au loin se dissipe
sais-tu ce que ça fait
de n'avoir jamais su où aller

il va être temps
de filer sur les rails
et de ne plus revenir




28 novembre 2021

dans le tragique automne il y a

le frémissement des oiseaux
et l'émerveillement soudain dans la lumière
en déclin

le reste ;
balayé d'un revers de main
les trésors ne se trouvent pas dans les
chagrins




3 décembre 2021

alors

tu as décroché le cœur du moteur mais ça fait des vagues à larmes

un peu salées un peu amères


alors

tu as descendu la montagne parce qu'à la montagne russe t'as préféré le voyage long et tragique du Transsibérien

par la fenêtre l'automne glisse vers l'hiver brutalement et tu retiens pas les jours ni les nuits à vrai dire


parfois

des images infernales font secousses et tu te souviens de la tempête

c'était ta plus belle

tempête


la plus effroyable aussi


alors

t'as laissé le coeur mort pour plus tanguer

et quand tu revois cette mouette s'envoler

tu entends le rire au loin

des sourires infinis et de la tendresse


des ailes déployées à en perdre quelques plumes

ça valait le coup non ?


alors

tu te demandes ce qu'il y a après le vaste raz-de-marée

pour l'instant seulement ceci ;

le calme plat de l'estran mais tes empreintes qui demeurent, aux côtés des siennes


et tu sais,

ça vaut tout l'or du monde, même si.






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