5 octobre 2021
tu as accroché ton cœur au porte-manteaux à l'entrée de l'appartement accroché suspendu le temps d'arriver à avancer sans faire de bruit enlever les chaussures aussi pour pas salir trop le lino et le cœur accroché alors comme en bandoulière là ça pendouille dans l'attente retenir le souffle retenir retenir plus que le bruit du tambour de la cage le gouffre sous tes pieds chaussettes glisser dans le silence des non-dits le cœur bien accroché et les poumons en détresse tu as pénétré dans l'antre-deux
tout autour les murs les meubles tout est similaire mais ce n'est plus ta maison on te rattrape dans la nuit on te cauchemar on t'atrophie souvent souvent les mains saisissent les chevilles et d'un coup les deux genoux terre dans la douleur de l'onde de choc et les dents clac et les dents clac t'accrocher la mâchoire comme ton cœur par peur qu'elle se décolle la mâchoire et les dents de bouger passer la langue autour et dedans et dessus pour être sûr.e que tout tient bon (sans certitude puisque tu n'as pas su si c'était le (mauvais) rêve ou la réalité) peut-être toujours un peu des deux ici à la jonction : tu comptes les angoisses peintures
la maison n'est plus la maison
et le rêve n'est plus le rêve
et la réalité déception
dedans comme dehors : le silence
et en suspens : la mécanique du cœur
tu étouffes dans la nuit
et face à ton ombre il y a
yessourim
7 octobre 2021
je m'extirpe du rêve
au réveil il y a eu
le temps d'arrêt sur
image
ton grain de beauté
soutenant ton sourire
le Sud et l'Est
après la surprise il y a
eu le frisson
et puis avant et après
l'ardeur brûlante de
l'automne
je m'extirpe de ce rêve
à reculons
et quand je fais enfin
face à
le train n'est déjà plus
à quai
un courant d'air
dans la fin de
l'été
14 octobre 2021
il y a
ce vide là
sous le tapis de feuilles mortes il y
a
la lune gonflant ton visage il
y a
tes teintes préférées du ciel à la
terre
et l'élan passé tout sourire
le vide là pénétrant la peau
déclinant le jour peu à peu
tout semblable aux automnes passés
avec le sang en moins
mais l'ambre toujours
de tes yeux à ta
bouche
3 novembre 2021
les embruns aux paupières
comment faire pour respirer loin des marées
et des trésors peuplant les côtes
le fracas des vagues bourdonnant dans celui du vent
ton sourire pour seul soleil
et l'eau purifiera tout ; et le sel cristallisera le deuil
chaque jour une pensée pour les mort.es
et puis pour les vivant.es
celleux qui tiennent bon dans un monde
qui n'est pas fait pour nous
4 novembre 2021
(tu sens le vent s'engouffrer dans la tignasse, le cœur accroché de toutes tes forces à la beauté
et une promesse certaine indicible ricocher sur les dunes pour tempérer les rafales)
les cieux à l'automne se chargent de chagrin
un autre talisman les a rejoint.es
et dire
que tu es né.e parmi la pourriture qui jonche le sol
quand d'autres s'élèvent vers la beauté dans un silence sans fin
12 novembre 2021
et mes yeux perdus sans le vague
se referment à l'heure pâle
pour que la ville se taise
le brouhaha de novembre
veille au grain
et mes yeux ouverts de nouveau
brûlent du manque de sommeil
dehors
j'aimerais emmener mes yeux
où la beauté persiste
quelque part entre l'écume
et le scintillement des astres
mais tard
passé l'amour.e heureux.se
ne reste plus que l'espoir
et mes yeux perdus dans la lenteur
se parent de larmes et d'effroi
le brouhaha de novembre
- incessant fracas -
veille au lendemain
15 novembre 2021
parfois ;
j'aimerais m'arracher le coeur
ne jamais ressentir le gouffre soudain
l'anesthésie générale depuis quelques années
au réveil
pourquoi c'est toujours la douleur ?
22 novembre 2021
Ta maison
ta maison si loin si loin que tu ne sais plus où aller
avant il fallait retrouver les fantômes
avant avant il fallait viscéralement marcher dans les pas de
pour pas crever
et maintenant
quoi
quoi l'entre-deux le flou le vide
un pied dedans un pied dehors
et quand ça secoue ça fait vriller les fondations
plus que des ruines et ta maison
disparue dans la brume
derrière les fantômes tapis dans l'ombre
tu entends leur râle
et tu ne distingues plus si c'est l'horloge du cœur ou le bruit assourdissant de la respiration
mais devant ta maison elle s'efface
et le sang qui filait dans les racines s'est asséché
et les joues aussi, asséchées
et le cœur aussi
asséché
sec et creux comme le corps–caverne
une coquille vide
paguroidea
préférer à tout jamais le vide plutôt que la douleur
un jour
il y aura une clé sous le paillasson
la maison plus en ruines tu sais
passer un jour par la porte d'entrée
le parfum chaleureux remplirait le couloir
et sur le bord des lèvres ces mots
« j.e.s.u.i.s.r.e.n.t.r.æ »
il n'y a pas de foyer
le cœur-même le cocon
il n'y a pas d'amour
à l'amer sans repère
il n'y a que la mort
ta maison au loin se dissipe
sais-tu ce que ça fait
de n'avoir jamais su où aller
il va être temps
de filer sur les rails
et de ne plus revenir
28 novembre 2021
dans le tragique automne il y a
le frémissement des oiseaux
et l'émerveillement soudain dans la lumière
en déclin
le reste ;
balayé d'un revers de main
les trésors ne se trouvent pas dans les
chagrins

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