Les bras en croix, condamnée à prier, et prier encore.J'ai un pied dans la tombe, et l'autre dans le vide. Vide obnubilant, envoûtant, comme l'acide. Les bras en croix sans cesse, les mains lacérées par l'attente et le nombre de chapelets égrenés.
J'ai envie de vomir. Vomir vomir vomir jusqu'à épuisement. Jusqu'à satisfaction des corps putrides. Vous ne m'arracherez pas mon coeur, il brûle déjà en enfer. Avec toutes ces maudites, le crucifix dans les mains, telles des chimères.
Je sens le sol se dérober, vais-je pouvoir à nouveau m'écraser ? Ma chair n'a que le goût des cendres, et les yeux de braise à demi-clos, les images collées à la rétine, le travail de la mémoire a commencé. Et lentement je me dirige droit vers la falaise. Et lentement je sens le vent sur mon visage décomposé. Et lentement, un pied dans la tombe, et l'autre dans le vide. Lentement je vascille.
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