3 juillet 2017
Le fracas des images m'a toujours rattrapée
comment fait-on pour [s']apaiser ? Ces instants volés partis au large ; qui t'éloignent chaque jour du quai.
9 juillet 2017
Je me rappelle des joues creusées par les sillons salés
et des marques sur l'oreiller
après ça
ce cauchemar incessant
l'attente du soleil ; de la lumière qui viendrait brûler ma peau
et le trop-plein de larmes qui ne cessaient de couler
tout semblait si vain
je me rappelle du parfum au creux du cou qui n'a pas changé avec le temps
et les vagues de chagrin quand il fallut me résigner
accepter la fin
accepter la solitude
le manque
l'agonie
la désespérance
et cette espèce de lieu incertain dans lequel il n'eut été question que d'errance.
Je me rappelle de mes rêves,
croyant que je n'en aurai jamais plus
je me rappelle du bruit de l'eau
qui claquait contre mes os
et puis des nuits noires et sans étoiles, royaume de mes angoisses.
28 juillet 2017
enfanter la douleur
solitude comme unique repos, cachée entre les sanglots
1er août 2017
me rappeler des sourires de l'apaisement de la voix des baisers brûlants du soleil caressant les peaux de l'océan scintillant
me rappeler du rire des coquillages cachés dans le sable des bouts de chemin sur le dos du phare toujours trop loin de la chevelure dorée
et des voiles des bateaux
me rappeler des nuits de pleine lune des balades nocturnes
et de l'amour griffant le dos
5 août 2017
Dans les bras de l'absence
me souvenir encore
de toi
de ces lambeaux d'amour qu'il me reste
des tâches de rousseur sur tes paupières
apparues grâce aux astres
où sont passés
tes yeux étoilés
07 septembre 2017
mais qui vous parle de mourirquand les plus belles images défilent en rafale
dans la tête
votre brouhaha incessant ne vaincra jamais
la beauté du silence, des lumières crépusculaires
des ciels pastels
des mers déchaînées
et des paysages qui composent son
corps
dans les nuits de l'été
ou dans le soleil d'hiver
24 décembre 2017
Ce matin je me suis réveillée avec le bruit des animaux de la ferme, le chant des oiseaux, ainsi que le frottement de la scie contre les rondins de bois. L'odeur de la cheminée encore présente du soir dernier.
Les jours sans, disais-je souvent. Devenus quotidien à présent. Loin de tou-te. Le repos d'un soldat, les bras désarmés de fatigue et d'espoirs incertains.
Me reste le sourire et quelques souvenirs ; mais où est le courage ?
27 décembre 2017
Ce qu'il reste
éparse
des fragments perdus dans chaque ville où je me suis tue.
J'ai compris les grands impressionnistes soudain, leur fascination pour les paysages et les cieux normands. Une texture, des couleurs qui n'existent nulle part ailleurs. J'y ai laissé un bout de moi
Un hors-temps, entre les champs. J'y ai goûté le repos, l'apaisement doux des jours raccourcis par le trop grand froid de l'hiver.
A la nuit tombée, la magie ; un paysage au-delà de toute beauté.
Au loin, le brouillard qui perd les chemins, les arbres, les contrées ; à mi-chemin la pluie torrentielle et tempétueuse. Et là, le soleil, pur, rayonnant les strates de son éclat.
Et les prés deviennent scintillants, l'océan apparaît
c'est ici que je renais
entre mer et champs entre terre et ciel - oublier les regrets - oublier le temps
il faut, malgré les défaites, que les larmes cessent
que le corps se relève et ne se courbe plus
il faut
que la mémoire lâche du leste et laisse partir
ce qu'il reste.
Je voudrais t'oublier ici-bas
mais je manque encore d'air
comme je manque de toi
23 janvier 2018
et te souvenir de la lueur
07 février 2018
Je n'ai pas connu ton sourire dans la neige
ressemble-t-il à celui d'un enfant émerveillé
j'aurais voulu entendre au moins une fois
le bruit de tes pas
marquer le sol recouvert
peut-être aurait-il été
le même que celui des draps
dans la volupté
17 février 2018
de Drancy à Bellerive-sur-Allier
Il en faut du courage ; je t'observe tu m'as manquée ton sourire n'a pas changé ton parfum resté le même il est temps, ça y est.
Voyage initiatique, voyage décisif. Il paraît que le meilleur reste à venir.
Le soleil caresse déjà nos peaux
il me tarde de voir la mer et de retourner sur les lieux qui nous ont transcendées
et de découvrir, toujours
de nos yeux similaires écarquillés
Voyage initiatique, voyage décisif. Il paraît que le meilleur reste à venir.
Le soleil caresse déjà nos peaux
il me tarde de voir la mer et de retourner sur les lieux qui nous ont transcendées
et de découvrir, toujours
de nos yeux similaires écarquillés
18 février 2018
de Vichy à l'Isle-sur-la-Sorgue
Vous parlez du Maroc vos sourires se confondent vingt années ont passé et les cœurs toujours liés
j'apprends à te connaître un peu plus à t'accepter telle que tu es
il y a du bon vin et de la bonne musique
on joue ensemble on rit ensemble on partage ce bout de chemin
et on reprend la route ; complicité née au bord du monde et entre les vallées
20 février 2018
Rustrel
Escalader des falaises d'ocres et les souvenirs reviennent ;
foisonnants et suffoquants
des lumières d'or des bleus outre-mer
pigments colorent peau cuir et regrets
il y a un temps pour tout ; celui-là, pour respirer
21 février 2018
Roussillon
J'étais en haut du monde ; les godasses encore tachées par les pigments
23 février 2018
d'Aix-en-Provence à Marseille
Reconstruire la mémoire quand elle a été bafouée ; on a traîné les pieds dans l'ocre pensant nous rappeler
visité des villages où le temps s'est arrêté
Apt – Rustrel – Roussillon – Bonnieux
caressé deux-trois chats au passage et ri aux éclats après les côtes dans les rues perchées
passé sous quelques porches, admiré les campaniles trônant les monts
mais les souvenirs sont flous, lointains
une autre vie peut-être plus sereine, sans enjeux
puisqu'il était simple de vivre
et de respirer sans avoir l'impression d'un étau dans la poitrine
le temps est long près de toi ; et mon cœur est ailleurs
comment reconstruire quand tout a déjà été émietté fracturé
je te regarde souvent en silence tu es belle ; je te reconnais et cependant nous sommes étrangères
on a quitté l'Isle-sur-la-Sorgue
il restera la découverte des jours suivants – peut-être que le renouveau se fera dans des endroits que l'on ne connaît pas et qui, par nos yeux exemplaires, rouvriront la faille des liens du sang.
25 février 2018
de la route des Crêtes (La Ciotat - Cassis) à Avignon
Il y a de la magie dans l'imprévu
un sourire qui jaillit sur la falaise et l'immensité bleue turquoise qui se dérobe sous nos pieds
dans la difficulté, se lier plus fort encore
parce que le voyage ne s'arrête pas là, parce qu'il y a tant à découvrir
parce que la magie réside dans le lever de la brume sur les paysages
dans le soleil qui ricoche sur les façades au loin
et dans le clapotis des vagues contre la coque des bateaux
27 février 2018
d'Avignon à Clermont-Ferrand
C'était le dernier jouron a affronté le mistral glaçant sur la vieille cité
tu es de plus en plus malade et nos visages de plus en plus fatigués
le retour sera long ; mais la musique résonne déjà pour garder le courage
bientôt rentrées
quelle maison pour moi
je me retrouve dans les voyages et cependant je me sens dériver
quelle maison ne me perdra plus
quand le cœur est tiraillé et vacille à chaque étape supplémentaire
au bord du monde j'ai retrouvé ton sourire et j'ai perdu la force d'y croire
il est temps de rentrer
28 février 2018
de Clermont-Ferrand à Drancy
Il fallait bien que le corps cède
parce que c'est trop fort
pour la tête, pour le cœur
encore secouée par la nuit dernière
les lèvres, brûlées par l'acide
les mauvaises surprises des nuits tumultueuses
des réveils douloureux
on finit ce voyage silencieuses
ton parfum se mêle au mien
et malgré l'épuisement, tracer la route
c'était notre dernière étape avant la fin
que restera-t-il après ?
09 mars 2018
Il me sembla pendant longtemps que la nuit avait remplacé le jour
j'avais simplement les yeux fermés
quand j'en pris conscience, ce fut déjà trop tard mes paupières étaient scellées à jamais
de toutes les douleurs, une seule persista
celle de n'avoir pas su combattre l'obscurité
alors que la lumière me tendait ardemment les bras
15 avril 2018
j'entends encore la douceur de ta voix
je sens encore ton délicieux parfum
dis, Lila
puisses-tu enfin t'apaiser
et reposer en paix
embrasse Arjan pour moi
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