« Il est grand temps de rallumer les étoiles. »

jeudi 19 décembre 2013

« Je me dresse comme un funambule, perché au-dessus du vide. J’imagine, et mes jambes en tremblent, que je tombe les cheveux dans le vent.. » - Folfox, Cirkus.





Sur la route, pas-à-pas.
Délivrance dans le trépas.

Combien de nuits encore, à implorer les morts ? Magie d'un passé disloqué qui ne peut plus durer. L'errance indifférente des corps meurtris, l'effort faiblard des cadavres exquis ; sur le bout de tes doigts, somnolent encore les encres des lettres envolées sous la pluie.
Sous le silence face à la lune qui s'accroît, l'enfer des mots bouillonne dans les caveaux. De la bile plein les pages, du sang pleins les reliures ; avais-tu quelconque espoir de t'en remettre au sort de la lumière ? Car toute ta vie, la mort n'a fait qu'obstruer tes sphincters. Une à une, les œuvres s'enfouissent dans la béance de ton dégoût.

Les peaux qui s'arrachent sous les dents grinçantes ; lacérées par trop d'abîme, bousillées et égarées, âmes enfantines. Quand cesseras-tu de t'effondrer ? Quand cesseras-tu de t'agenouiller ? Et tu pleures, le même cri rauque à chaque fois, qui t'engloutit toutes les nuits ; et tu pleures sans comprendre pourquoi, après toutes ces années, quel mal encore pourrait bien te ronger.
La déchirure fatidique de l'esprit qui s'évapore dans le jour fini. Bien que tu t'entêtes à marcher droit, ta route fait des vagues, et ton corps divague. Rectiligne imaginaire au bout de tes orteils.

Tes illusions sont féroces et cruelles ; à nouveau, tu ne t'en sortiras pas indemne. Et sous le poids de tes m-aux-ots sanguinaires, le tu se transforme inlassablement en nous.

Je tu nous.
Ne faisons qu'un. Et quand toi moi tu t'en lacères l'estomac, moi toi je m'en extrais de désarroi.

Folie meurtrière ; meurtrières du passé.
Fenêtre grillagée sur la cour des secrets.

Et toujours.
Sur la route, pas-à-pas.
Délivrance dans le trépas.




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