Me retourner.
Les yeux luisants, comme deux lucioles. Je parcoure d'un regard le sentier ardu qui se dévoile derrière moi, et tourne les talons. Dans mon dos, j'entends la tempête au loin. Le vent qui souffle, l'orage qui gronde. Et les nuages qui s'opacifient, comme du coton peint. Et il pleut, derrière moi. Il pleut des cordes. Je fais un pas, puis deux, puis trois. J'entends des murmures près de mon oreilles, mais je ne faiblis pas. J'entends sa voix qui m'appelle, me supplie. Je ne craquerai pas. Alors j'avance, un, deux, trois. Comme une valse. Sur la pointe des pieds, rythme ternaire qui entraine mes pieds dans une danse sans fin.
Un, deux, trois. Le corps léger, et toujours le chant de cette sirène qui résonne, et me rappelle, me tente, m'attire. Un, deux, trois.
Je ne voulais pas être cette femme-là. Celle qui attendrais, encore dernière la fenêtre que son amour veuille rentrer. Je ne voulais pas être celle-là. Celle qui espère et qui meurt à petit feu, celle qui brûle de mille feu. Qui ne veut plus danser la valse. Un, deux, trois.
Je ne voulais pas être prise au piège par de futiles sentiments, par de grands démons. Alors je les ai rejetées, me laissant divaguer. Partir au large, sous la pluie, l'orage. Et j'ai tenté, à plusieurs reprises de me retourner. Mais j'étais seule. Au milieu d'un océan bleu pâle, une étendue saline qui me narguait, me disait tout bas que c'était de ma faute. Que je n'avais pas su trouver rivage auquel amarrer. Et les vagues me bercent, cette valse qui me fait tourner la tête. Le clapotis de l'eau fredonne. Un, deux, trois, un deux trois..
Et je suis perdue, je suis perdue. Devant moi ce dresse l'infini. La tempête reste au loin, horizon serein. Vide. Un, deux, trois. Plus de boussole, j'ai perdu l'nord.
Ciel ou sol, peu m'importe. Qu'on m'emporte.
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